Spermogramme
— Aide à l'interprétation
—
Un article paru dans "Lancet"
d'octobre 1998 redéfinit les normales du spermogramme dans
le cadre d'une étude prospective originale.
Etude
430 couples tout venant suivis
pendant 6 cycles ou jusqu'à l'obtention d'une
grossesse.
Recueil à la maison
après 3 jours d'abstinence.
Résultats
Tableau I :
Grossesses après arrêt de contraception chez les
430 couples participant
| Mois
|
Nombres
de Cycles |
Grossesses
|
| 1 |
430 |
67 |
| 2 |
358 |
63 |
| 3 |
287 |
40 |
| 4 |
241 |
43 |
| 5 |
187 |
24 |
| 6 |
158 |
19 |
| Total
|
1661
|
256
|
Quatre variables sont
étudiées : la concentration en
spermatozoïdes, le volume, la morphologie et la
mobilité.
Tableau 2 :
Paramètres : concentration en
spermatozoïdes
| |
|
Nombre
de grossesses |
| Groupe
d’ensemble |
430 |
256
(59,5 %) |
Concentration :
seuil à 40x106/ml
≥ 40x106/ml
< 40x106/ml |
254
164 |
165 (65,0%)
084 (51,2%) |
Concentration :
seuil à 20x106/ml
≥ 20x106/ml
< 20x106/ml
|
341
077 |
221 (64,8%)
028 (36,4%)
|
La probabilité de
grossesse augmente de 0 à 25 % en fonction de
l’augmentation de la concentration des
spermatozoïdes avec une forte ascension de la
probabilité de 30 à 50 millions par ml.
Quand la concentration est
supérieure à 40 millions par ml la
probabilité de grossesse à 25 % devient
indépendante de la concentration des spermatozoïdes.
Volume du
sperme : excepté pour les volumes
très bas, ce paramètre ne semble pas discriminant.
Mobilité :
la chance de grossesse est significativement diminuée si la
proportion de spermatozoïdes non mobiles est
supérieure à 70 %.
Morphologie :
il y a une augmentation linéaire de chance de grossesse avec
l’augmentation de la proportion de spermatozoïdes
à morphologie normale dans la zone de 10 à 60 %.
Il y a une corrélation
positive entre la concentration de spermatozoïdes et la
proportion de spermatozoïdes normaux mais les deux variables
sont indépendantes.
Il y a une corrélation
significative entre l’augmentation de la proportion de
spermatozoïdes normaux et l’augmentation de chance
de grossesse quand la concentration des spermatozoïdes est
supérieure à 40 millions par ml.
La figure 1
montre la probabilité de grossesse sur 6 cycles reliant la
concentration de spermatozoïdes et la morphologie.

(note sur
l’échelle horizontale : 1 = 10-20 ;
2 = 21-30 ; 3 = 31-40 ; 4 = 41-50 ;
5 = +50 en % de
spermatozoïdes morphologiquement normaux)
Conclusion
Les auteurs proposent la
concentration de 40 millions par ml pour séparer
les hommes fertiles des hommes subfertiles puisqu’au dessus
de cette valeur, on n’observe pas d’augmentation de
chance de grossesse.
La morphologie semble
être un paramètre indépendant
même lorsque la concentration est supérieure
à 40 millions.
Curieusement dans cette
étude, la proportion de spermatozoïdes non mobiles
a un petit effet sur les chances de grossesse (prudemment les auteurs
évoquent la possibilité de mauvais classement).
Le volume de
spermatozoïdes n’est pas important s’il
est au moins supérieur à 0,5ml.
Cette étude est assez
intéressante, car elle suit des couples non
triés. Les couples avec une histoire
d’infertilité n’ont pas
été inclus. L’abstinence est un
déterminant important de la concentration en
spermatozoïdes. La concentration moyenne en
spermatozoïdes augmente de 5,2 millions par ml par jour
d’abstinence sur 7 jours. Cependant, la relation entre la
concentration en spermatozoïdes et la chance de grossesse ne
change pas quand le temps d’abstinence est inclus dans
l’étude statistique.
Les résultats ne sont
pas modifiés après ajustement des
paramètres féminins.
Réf. :
The Lancet n° 352 october 10, 1998, p. 1172-1177
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